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production

Fabrice DUBREUIL

Résident de l'atelier de postproduction du CPIF d'avril à juin 2004

Scènes intimes et portraits, paysages inhabités ou au contraire marqués par la présence d'une figure humaine, fragments d'objets ou d'architectures que la lumière aura particulièrement recomposés constituent la réserve de photographies que Fabrice Dubreuil élabore depuis plusieurs années. Ses prises de vues montrent son environnement direct sans que cette collection constitue pour autant un journal intime. Et si chaque image nous donne bien une idée des circonstances de sa prise de vue (parcours quotidiens, vacances, instants passés avec un proche), elle peut sembler extraite d'une étrange banque d'images dont la destination n'aurait pas été précisée. Familière à dessein, elle ressemble à ce que pourrait être l'image "générique" de certains de nos propres souvenirs. C'est par leur association aux autres éléments de cet ensemble évolutif que ces photographies font apparaître leur caractère particulier. Neutres en apparence, ces images peuvent être réorganisées à l'infini. C'est également dans la manière dont il les stocke puis les ordonne qu'elles acquièrent, par recoupements visuels, leur qualité plastique propre. À l'image d'un mot changeant de sens ou d'impact poétique d'une phrase à l'autre, chacune de ces photographies revient ou disparaît à chaque exposition. Chaque fois qu'il s'agit de les proposer à un public, Fabrice Dubreuil expérimente différentes échelles, donne aux images une nouvelle forme (du tirage contrecollé à l'affiche appliquée sur les murs de la ville en passant par de discrètes éditions) et il est permis d'imaginer qu'elles n'en auront jamais de définitive.
Le cadre vertical, systématiquement employé lors des prises de vue, affirme qu'une coupe a bien eu lieu dans l'image sans limite qu'est le monde invisible. À l'intérieur de ce cadre fixe, un mouvement anime la photographie, un va-et-vient de la surface à la profondeur. Ce mouvement est parallèle au processus de révélation lors du tirage : la photographie monte vers nous. Le cinéma de science-fiction nous faisait rêver à une image qu'il serait possible d'explorer comme un espace réel, découvrant de précieux indices derrière certains plans. Le travail de Fabrice Dubreuil, à mesure qu'il évolue, nous rapproche une peu plus de cette utopie.

Catherine Schwartz


En fin de portfolio :
Works, Filigranes Éditions, 2004
17x21 cm, reliure spirale
64 pages, 54 illustrations
ISBN : 2-914381-65-4

Contact : fabdubworks@yahoo.fr