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Conférence sur l'art contemporain en Seine et Marne



« Maman, les clés sont là où tu sais » Au-delà des images, comment saisir les objets peints.


Au-delà des images, comment saisir les objets peints.
Jean-Baptiste Chardin, Paul Cézanne, Francis Picabia, Wim Delvoye...
Généralement, les clés sont dans les pots de fleurs ! C'est donc par des natures mortes que nous entamerons ce cycle de conférences. Peintures des vanités humaines, les natures mortes ont longtemps été les miroirs de notre mort inéluctable. Les objets qu'elles mettent en scène sont éminemment symboliques et, leur sens, riche de sous-entendus religieux. Mais, au-delà de la représentation de ces objets du quotidien, comment interpréter ces peintures ?
"Maman, les clés sont là où tu sais", cette petite phrase universelle que l'on griffonne sur un bout de papier, est sculptée en lettres monumentales dans la falaise dominant un village. Quelles clés faut-il pour comprendre cette oeuvre de Wim Delvoye ? Quels sens pouvons-nous retirer des natures mortes de Chardin, de Cézanne et des tableaux-machines de Picabia ?
Au XVllle Siècle, l'émergence de la nature morte comme Sujet, à part entière, indique une autre voie à l'art, lui offre de nouveaux points de vue. Et, l'on s'aperçoit vite que les oeuvres de Chardin (1699-1779) n'ont plus qu'un lointain rapport avec les Vanités. Peintre de l'intimité, de l'existence domestique, il a enfermé sa peinture dans une demeure bourgeoise avec la même science que Cézanne pour des perspectives ouvertes au fond d'un espace clos.
Si l'on a la sensation de pouvoir attraper les objets dans les toiles de Chardin, cela devient une gageure avec ceux de Cézanne (1839-1906). Ses pommes concaves et ses bouteilles penchées se métamorphosent en objet pour la peinture - et non plus en sujet ! De la peinture de la nature à la nature de la peinture, il n'y avait qu'une mince pellicule qui s'achèvera de se dissiper avec le triomphe de Cézanne au Salon de 1905.
Picasso, avec Nature morte à la Chaise cannée (1910) et, Marcel Duchamp dans La Broyeuse de Chocolat (1914), énoncèrent d'une manière prémonitoire leur scepticisme à l'égard de l'art traditionnel. Influencé par Dada, Francis Picabia (1879-1953) exécute, dès 1916, une série d'oeuvres inspirées du dessin industriel et du monde de la machine. II cultivera le goût de la provocation et du non-sens. Nombre de ses oeuvres, parodiant jusqu'au bout l'art dans une implacable logique, découragent le commentaire. Il impose ainsi dans toute sa démarche anti-esthétique, une lutte farouche contre la sacralisation de l'art.
Enfin, l'art des objets de Wim Delvoye (1965), un but de football en vitrail, un autre en porcelaine, une bétonneuse en bois minutieusement sculptée, une scie circulaire en faience de Delft, fonctionne à la façon d'un mot d'esprit. Ses oeuvres ont en commun d'en appeler à la grande tradition artisanale pour décliner, en fin de compte, une histoire du goût directement liée aux pratiques avilies de la banlieue moderne. Un art qui choisit de se concilier le goût des classes moyennes pour le kitsch et un humour populaire.
Cette première conférence nous conduit sur les chemins crotteux des vanités humaines. Ils nous mènerons à une passionnante réflexion sur la spécificité et la fonction de l'art.
NB : Les artistes ne feront pas l'objet d'une analyse monographique et les oeuvres présentées se concentreront sur le thème de la conférence : les métamorphoses de l'objet peint.




Christelle LANGRENÉ,

Source Texte : cpif (http://www.cpif.net)

Genre : atelier
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Wim DELVOYE (plasticien), Paul CEZANNE (peintre), Francis PICABIA (peintre), Jean-Baptiste CHARDIN (peintre), Christelle LANGRENÉ (rédacteur),
Passage(s) : Centre photographique d'Ile de France Pontault-Combault 77340 ,
Source Artishoc : cpif - http://www.cpif.net

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