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Home sweet home



Exposition de photographies de Todd Hido, Roy Arden, Sergio Belinchon, Alain Bublex, Balthasar Burkhard, Lynne Cohen, Dan Graham, Sarah Jones, Valérie Jouve, Frédéric Lefever, Martine Locatelli, Florence Paradeis, Jean-Luc Vilmouth.


Coproduction avec le Printemps de Septembre
Avec la collaboration du Fonds National d'Art contemporain, Ministère de la Culture et de la Communication, Paris

« Home sweet home » rassemble des photographies dont les enjeux sont liés à ceux de l'habitat ou seulement déterminés par les rapports qu'entretiennent certaines pratiques photographiques avec certaines pratiques architecturales, par exemple entre la représentation et la construction, l'image et le décor, ce qui touche de près au réel et tout l'imaginaire véhiculé en amont et en aval, etc.
L'exposition questionne nos espaces de vie à l'échelle individuelle et collective en tentant de relier différentes approches et croisements multiples à propos de ce que seraient aujourd'hui les définitions possibles de la maison. Ainsi, la ville, les espaces pavillonnaires, les immeubles de banlieues, l'imaginaire que ces notions véhiculent et dont les artistes s'emparent, les espaces publics comme privés et leurs habitants, tous ces points de vue offrent eux-mêmes différents espaces de réflexion qui communiquent entre eux dans l'espace d'exposition du CPIF.


Todd Hido laisse libre cours à l'imagination du spectateur pour établir des relations entre les extérieurs énigmatiques de maisons photographiées pendant la nuit et la vie de leurs habitants dont on imagine la présence.

« House Hunting » (1999-2001) est le travail le plus connu de cet artiste qui a consacré plus de quatre ans à photographier la vie des quartiers périphériques de certaines villes des Etats-Unis dépeuplés de leurs habitants. C'est précisément la vie intérieure des habitations, les possibles récits que l'on peut imaginer à partir des lumières et des ombres qui les peuplent, qui fascinent ce photographe. La maison, dans ces images de Todd Hido, apparaît comme un symbole de protection, comme siège de notre bien-être, mais également comme foyer de nos peurs et de nos désertions. (extrait du texte de Marta Gili dans le catalogue « Fragilités » du Printemps de septembre, Actes Sud, 2002.

Pour questionner le fait « d'habiter » aujourd'hui, on ne peut faire l'économie de se confronter à la dimension territoriale de la ville contemporaine, à l'hétérogénéité de ses matériaux et de ses langages, et ainsi aux mouvements qu'elle engendre dans l'espace de Suburbia, des nouvelles typologies aux différentes valeurs de langage architectural qui voient le jour. Les vues aériennes de Balthasar Burkhard montrent des villes proliférantes et tentaculaires, comme « Mexico » (1999), où le grand format de la photographie attire le spectateur vers une atmosphère spécifique à chaque ville tout en en donnant une vision suffisamment précise pour en observer l'habitat.
Dan Graham publie en 1966 « Homes for America », dans Artsmagazine, où il décrit les conditions historiques et idéologiques qui ont prévalu à la construction des lotissements dans les banlieues américaines de l'immédiat après-guerre. Les photographies montrent des vues d'ensembles pavillonnaires où l'effet de répétition de chaque bâtiment met en perspective une réflexion sur les rapports entre l'art et la ville. L'architecture est conçue comme « les discours où se situent les effets de pouvoir générés par la publicité, l'information et la bureaucratie en milieu urbain ». (extrait de Jeff Wall, Kammerspiel de Dan Graham, traduction de Claude Gintz, Bruxelles : Goldschmidt, 1988) Les œuvres de Roy Arden, quant à elles, par leur contenu et leur mise en scène, soulignent les aspects conflictuels tant de la vie du centre urbain que de la vie de banlieue. Les nombreux endroits que l'artiste a choisi de photographier font allusion à la rapidité des changements technologiques en Colombie-Britannique ainsi qu'à leurs coûts humains.


De nouveaux lieux de vie voient le jour, dont la définition serait plus peut-être à chercher du côté de ses frontières, limites physiques ou culturelles, mais aussi à l'intérieur d'un espace où individus et architectures, négation de l'un et réappropriation de l'autre cohabitent ici et maintenant. Sergio Belinchon, comme Valérie Jouve, photographient des façades d'immeubles. Les œuvres de Valérie Jouve jouent sur l'aspect frontal de l'image comme de son contenu. Valérie Jouve montre le pourtour des villes, ces espaces "libres de fonctions, sans qualité" ; si des personnages interviennent, isolés, acteurs malgré eux, ils sont saisis comme par effraction pour être confrontés à l'architecture. Frédéric Lefever, photographie également des façades de bâtiments : "La frontalité, le face à face, l'affrontement face à une surface. Mon travail consiste à montrer ce qui n'est pas spontanément visible dans le monde, ce qui se trouve aux limites, aux frontières d'un intérêt commun.”


Si l'objet est au centre du travail de Jean-Luc Vilmouth, c'est sa place dans notre environnement, et plus largement celle du « construit » que l'artiste questionne, déterminant son champ d'investigation et d'action. Quant à Alain Bublex, il déclare : « une photographie c'est souvent tout ce que l'on voit de l'œuvre de la plupart des artistes ». Ici, il nous donne à voir une architecture réelle parce qu'imaginaire en construction, fonctionnant sur le même principe que la ville entièrement fictive qu'il a créée (Glooscap) mais qui existe tout autant que les villes où nous ne sommes jamais allés et que nous ne connaissons que par la documentation ou la publicité ou encore sa voiture hybride (Aérofiat), ne cessant d'interroger les archétypes de notre société à l'aide de documentation sous forme de textes et d'images qui, associés dans un certain contexte, nourrissent les fictions d'un programme en perpétuel renouvellement.




Avec « Model Living Room », Lynne Cohen photographie en noir et blanc des mises en scène d'intérieurs vides, souvent de lieux publics ou professionnels : bureaux, salles d'attente, couloirs, etc. Ici, deux silhouettes stylisées se font face en position assise. Aucun effet d'illusion n'agit, les corps schématisés semblent en apesanteur dans leur position de lecteur en ombre chinoise, alors qu'aucun mobilier ne les soutient. La scène est irréelle, mettant d'autant plus en valeur le « décor » qui abrite la substitution de l'humain par ses traces.
Un certain nombre de pratiques photographiques depuis les années 80-90 se sont focalisées sur la vie à l'intérieur des habitations, recensant ainsi les stéréotypes et comportements liés à une époque, des modes de relations, des espaces appropriés, etc. C'est le cas par exemple de Sarah Jones ou encore de Martine Locatelli avec sa série des « Couples » qui théâtralise des scènes banales du quotidien, arrêtant les gestes et les regards. Chaque photographie pose la question de la représentation de la classe moyenne et des codes qui s'instaurent entre les individus qui vivent sous le même toit. Florence Paradeis, elle, accorde une importance particulière à la vie domestique, en montrant les gestes récurrents et théâtralisés de certaines postures emblématiques qu'elle met en scène : instants suspendus totalement dénués de spontanéité, dédié au symbolisme de la vie familiale.




Source Texte : cpif (http://www.cpif.net)

Genre : exposition
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Dan GRAHAM (photographe), Valérie JOUVE (photographe), Roy ARDEN (photographe), Todd HIDO (photographe), Florence PARADEIS (photographe), Balthazar BURKHARD (photographe), Jean-Luc VILMOUTH (photographe), Alain BUBLEX (photographe), Martine LOCATELLI (photographe), Sergio BELINCHON (photographe), Lynne COHEN (photographe), Sarah JONES (photographe), Frédéric LEFEVER (photographe),
Passage(s) : Centre photographique d'Ile de France Pontault-Combault 77340 ,
Source Artishoc : cpif - http://www.cpif.net

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