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"Déjeuner sur l'herbe" à Lectoure




Commande du Centre photographique de Lectoure ; 26 photographies couleur


"Dans ma démarche photographique, je m'intéresse beaucoup au paysage. Non pas au paysage sublime d'une beauté à faire le bonheur des marchands de cartes postales,mais plutôt à notre environnement à nous, tel que nous le rencontrons tous les jours.
Paris, ma ville d'adoption, m'a conduit à sillonner les zones périphériques qui bordentla capitale. Dénoncer les délires de promoteurs immobiliers de Marne-la-Vallée,dresser l'état actuel de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise ou documenter les implosions des barres d'immeubles à Meaux et Mantes-la-Jolie, mes recherches m'ont ainsi amené à tout un cycle de réflexions sur l'urbanisme.
Quand j'ai rencontré François Saint Pierre pour la première fois en 2001, j'avais certainement besoin d'un grand bol d'air frais. Sa proposition de travailler sur le Gers mettait en perspective des longues balades à travers champs et prairies sur fond musical de Janis Joplin.
Après trois aller-retour Paris-Lectoure, je dois dire que les choses ont tourné autrement.
C'est vrai, le Gers m'a beaucoup plu, mais les images qui en résultent ne témoignent de cette affection que d'une manière indirecte. Ce qui m'a amené à penser que le paysage c'est aussi quelque chose qu'on porte en soi, qu'on trouve au fond de soi-même. Mes préoccupations sur le terrain sont donc restées inchangées. Je me sens globalement concerné par notre environnement dans ce qu'il a de plus fragile et vulnérable. Un pavillon clinquant neuf, posé comme un ovni au beau milieu des champs, une décharge sauvage m'ont autant ému que la beauté rencontrée au bord de la Baïse un matin brumeux du mois de novembre. Faire coïncider ces deux sentiments était l'enjeu que je me suis donné dans ce travail. Montrer le Gers en 2003, c'est aussi prendre en compte les multiples facettes qui le composent et qui risquent de heurter la sensibilité de spectateur trop habitué à associer la campagne à une image stylisée type 'Le bonheur est dans le pré'. Le Gers n'a pas trop souffert de la modernisation de nos campagnes, mais il est toutefois soumis aux mêmes processus de changement que partout ailleurs. Reconnaître la précarité d'un milieu traditionnel c'est aussi donner à voir sa fragilité, démontrer la banalisation qui va de pair avec le développement préconisé par la loi du plus fort. J'espère que mes images arrivent à traduire ce regard tendre et alerté à la fois que j´ai voulu porter sur cette terre belle, certes, mais pas d'un autre monde."


Lieu d'exposition : Ecole Gambetta

Jürgen NEFZGER,
Publié le 2003-07-00

Source Texte : cpif (http://www.cpif.net)

Genre : texte d'artiste
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Jürgen NEFZGER (photographe), Jürgen NEFZGER (rédacteur),
Passage(s) : Ecole Gambetta Lectoure 32700 ,
Source Artishoc : cpif - http://www.cpif.net

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