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Expositions

19 Janvier - 10 Avril 2022

Ipáamamu - Histoires de Wawaim // Les précipités #6

Un projet mené par Eléonore Lubna et Louis Matton

Pour leur première exposition dans un centre d’art contemporain, Eléonore Lubna et Louis Matton nous proposent des récits de luttes du peuple Awajún en Amazonie péruvienne.
Les deux artistes mettent en place un processus créatif collaboratif susceptible de construire une mémoire partagée.

Ipáamamu - Histoires de Wawaim est un projet collectif menée par Éléonore Lubna et Louis Matton 

Avec la participation de : Alberto Akintui Tii, Gladys Ampam Wamputsag, Jose Apikai Bisagkit, Jorge Apikai Yamunua, Raquel Caicat Chias, Antuash Chigkim Mamaik, Timoteo Chimpa Apikai, Luis Chujai Mejean, Nina Gladitz, Maureen Gosling, Bernabe Impi Ismiño, Matut Impi Ismiño, Miguel Jempets Dusep, Francisco Juwau Untsumak, Calin Kajisut Apikai, Ingrid Kummels, Eléonore Lubna, Louis Matton, Käthe Meentzen, Evaristo Nugkuag Ikanan, Delfen Nujigkus Payan, Eric Sabourin, Adman Samekash Ampam, Carlos Samekash Mejean, Manfred Schäfer, Nelly Sejekam Chuntam, Ernesto Sejekam Kukush, Mirtha Sejekam Mashian, Maribel Sokai Ampam, Justina Taijin Weepiu, Oscar Tii Dajajaip, Carmen Wamputsag Suwa, Jose Wamputsag Suwa, Miguel Wamputsag Taan, Amalia Wisum Chimpa, Elsa Wisum Chimpa et la Communauté Native de Wawaim.

 

En 1979, dans la région de l’Alto Marañón (Pérou), la communauté native de Wawaim s’oppose au tournage sur ses terres du long-métrage Fitzcarraldo de Werner Herzog (1982). Pendant neuf mois, la lutte est menée par les habitants de la communauté et leurs représentants du Conseil Awajún et Huambisa, aussi bien sur le terrain juridique que médiatique. Le conflit aboutira à une réaffirmation des droits des populations natives, en accélérant l’émergence de nouvelles formes d’organisations collectives jusque-là inédites en Amazonie péruvienne.

Une quarantaine d’années plus tard, le projet collectif Ipáamamu - Histoires de Wawaim, réalisé au sein de la communauté de Wawaim rend compte du long combat des Awajúns pour l’autodétermination.

C’est à partir de 2016 qu’Eléonore Lubna et Louis Matton constituent un groupe de recherche réunissant des habitants de Wawaim, des leaders Awajún, des chercheurs en sciences sociales ainsi que des militants européens. Ensemble, pour raconter des pans de l’histoire moderne du peuple Awajún à plusieurs voix, ils réunissent des récits visuels et textuels – péruviens, nord-américains et européens – produits depuis les années 1950. 

Ainsi, le film Land der bitterkeit und des stolzes (Terre d’amertume et de fierté) –
co-réalisé en 1981 par Nina Gladitz et le Conseil Awajún et Huambisa sera rediffusé pour la première fois en Europe depuis 1982. Celui-ci fait notamment le récit du conflit avec la Wild Life Film Company de Werner Herzog, 

Au gré de plusieurs séjours au Pérou, les deux artistes s’attachent à faire revivre des événements aux travers des récits de celles et ceux qui les ont vécus. Pour ce faire, ils procèdent entre autres à la réalisation d’un film d’entretiens intitulé Chichasmi et travaillent collectivement à la fabrication de poteries au sein de l’atelier de la céramiste Amalia Wisum Chimpa. Ces terres cuites donnent une nouvelle forme aux récits et placent l’artisanat Awajún au cœur de la narration.

Dans un dialogue entre passé et présent, désireux de témoigner de l’actualité des Communautés Natives Awajúns, Lubna et Matton présentent également deux corpus photographiques distincts. 

Un premier, réalisé par les deux artistes, rend compte d’un du quotidien de la communauté de Wawaim.

Le deuxième, dont l’auteur est le leader Awajún Bernabe Impi Ismiño, donne à voir sous la forme d’un diaporama l’organisation quotidienne des Awajúns participant à la mobilisation – aujourd’hui nommée Baguazo – les ayant opposé en 2009 à l’état péruvien. En effet, ces derniers résistaient à la politique extractiviste du gouvernement d’Alan García Pérez et à la signature du traité de libre-échange entre le Pérou et les États-Unis. En juin 2009 le lieu-dit Curva del Diablo et la ville de Bagua devinrent le théâtre d’affrontements sanglants entre la police et les autochtones.

L’exposition présente des éléments – productions d’époques, d’auteurs et d’intentions diverses – rassemblés par des liens historiques et sensibles, qui font émerger des tensions créatrices de sens et nourrissent un récit collectif.

Courant 2022, Ipáamamu - Histoires de Wawaim trouvera son prolongement dans la parution d’un livre. Celui-ci accueillera des photographies, des reproductions d’œuvres, d’articles de presse, de documents et d’archives ainsi que des contributions de chercheurs et d’universitaires.

 

Eléonore Lubna est née en 1989, elle vit et travaille à Paris. Elle a été diplômée en 2016 de l’École Nationale Supérieure de la Photographie. En 2015, elle réalise Quai de la Gabelle, un projet photographique collaboratif avec des familles roms installées à Arles. Elle s’associe pour ce projet avec le groupe PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines).
En juillet 2015 est organisée une exposition lors de la Nuit de l’Année des Rencontres de la Photographie d’Arles au sein des bâtiments investis par les familles roms. Entre 2017 et 2018, elle réalise un projet intitulé Dzherelo de Kiev au Donbass avec des personnes déplacées du Donbass en guerre. Ce travail a fait l’objet d’une première exposition aux Rencontres de la Photographie d’Arles en 2017. Il a été ensuite montré en 2019 au Fabrika Space à Kharkiv et Izolyatsia à Kiev (Ukraine).
Depuis 2016, Eléonore Lubna réalise de nombreux ateliers et workshop au sein d’associations et d’institutions.

Louis Matton est né en 1989 à Paris, il vit et travaille à Paris. Après une licence d’AES et un Master 1 de Sociologie à la Sorbonne, il intègre l’École Nationale Supérieure de la Photographie dont il est diplômé en juin 2015. Entre 2012 et 2015, il réalise l’ensemble photographique Objets Autonomes en travaillant sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Ce projet a notamment été exposé aux Rencontres de la Photographie d’Arles en 2015, à la Quinzaine Photographique Nantaise, au F/stop Festival Leipzig, durant le MAP Toulouse en 2016, ainsi qu’à la Friche la Belle de Mai à Marseille en 2017. En 2018, Objets Autonomes paraît aux éditions Poursuite et L’éditeur du dimanche. Louis Matton est également l’auteur d’Aéroparis. Ce projet met en œuvre une société fictive ayant remporté un appel d’offre pour la réalisation d’un complexe aéroportuaire au beau milieu de Paris. Entamé en 2014 et toujours en cours, Aéroparis est exposé à Temple à Paris en 2017, à la BIP à Liège en 2018 et à l’Hôtel de Ville de Paris en 2019.



Les Précipités est un programme dédié à la cristallisation, à la visibilité de projets de recherches en cours liés aux résidences de création artistique du Centre Photographique d’Île-de-France. Un temps propice à la surprise, l’innovation et l’impromptu. 

 

Autour de l'exposition : 

· Vernissage de l'exposition

Samedi 22 janvier à 15h
Réservation impérative au 01 70 05 49 80 / contact@cpif.net

Navette gratuite, sur réservation
Départ à 14h15 depuis Paris, Bastille (Opéra)
Retour estimé vers 18h30 sur Paris.

· Rencontre dialoguée avec l'artiste

Samedi 12 février à 15h
Réservation impérative au 01 70 05 49 80 / contact@cpif.net

Navette gratuite, sur réservation
Départ à 14h15 depuis Paris, Bastille (Opéra)
Retour estimé vers 18h30 sur Paris.

· Sam'di en famille

Samedis 29 janvier, 5 mars et 2 avril 
Des jeux et activités pour petit·e·s et grand·e·s afin de découvrir l'exposition autrement !

À partir de 5 ans, gratuit, sur inscription : adele.rickard@cpif.net / 01 70 05 79 80

 

Ipáamamu - Histoires de Wawaim est un projet réalisé avec l’aide du Centre National des Arts Plastiques et sélectionné par la commission mécénat de la Fondation des Artistes qui lui a apporté son soutien

 

Visuel : Lubna Eléonore – Matton Louis, Colline de Wawaim, 2019, tirage jet d’encre d’après négatif numérisé, 100*120cm, courtesy Lubna-Matton

 

 


 

 
 

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