Stéphanie Solinas - Une sorte de bordel - Twelve West Coast Stations I (détail), 2026 FNAC 2026-0080 Collection du Centre national des arts plastiques

Expositions

30 Janvier - 04 Avril 2027

Réinventer la photographie - ess.1

François Bellabas, Marie Bovo, Gaëlle Choisne, Sybil Coovi Handemagnon, Michel Slomka, Stéphanie Solinas et Marie Sommer

Commissariat de Pascal Beausse, Francesco Biasi et Nathalie Giraudeau
 

Présentée en deux temps, l’exposition Réinventer la photographie est la première diffusion française des œuvres réalisées dans le cadre de la commande éponyme du Centre national des arts plastiques. 
À travers ces deux volets, l’exposition parcourt la commande selon deux perspectives complémentaires. La première interroge la photographie comme instrument de pouvoir : qui est institué comme sujet ? Qui se trouve constitué comme autre ? En vertu de quelle autorité et avec quelles conséquences ? Il est ici question de mécanismes d’assignation que les œuvres réunies ne se contentent pas de mettre au jour : elles les complexifient et les déjouent. 
Le second volet, consacré aux conditions d’apparition de l’image, aborde les origines du médium, et ce qui rend possible la photographie, autant matériellement - chimie, physique, appareillage technique - qu’intellectuellement : conventions de représentation, faculté d’imagination.

La photographie n’enregistre pas seulement un état des choses, elle y prend part : elle établit des relations, assigne des positions, esquisse un cadre. Par la mesure, l’identification, la classification, la surveillance et, plus globalement, par la représentation, la photographie ne se limite pas à enregistrer des altérités, elle participe à les instaurer. Mais le même outil qui alimente des dynamiques de pouvoir peut aussi contribuer à les déjouer. C’est cette ambivalence que ce premier temps d’exposition met à l’épreuve, non comme une question réglée mais comme un débat ouvert : qui fait des images, dans quel but, et avec quelles conséquences ?

Les démarches des sept artistes réunis partagent moins un thème qu’un même présupposé : l’altérité, ici, n’est jamais une propriété immanente, elle est l’effet d’une opération.  Les œuvres se distinguent alors par le sort qu’elles lui réservent - violence historique à défaire chez Choisne et Coovi Handemagnon, partage du vivant à réinterroger chez Slomka et Bovo, regard opératoire à prendre en défaut chez Sommer, familiarité technologique à troubler chez Bellabas et Solinas. Ce premier temps d’exposition donne ainsi à éprouver un glissement de point de vue : penser l’altérité, c’est avant tout reconnaître que notre regard est toujours situé, tributaire d’une histoire et d’une position. C’est en accompagnant cette prise de conscience que les œuvres font émerger une position critique, qui participe à son tour de la (ré)invention continue de la photographie.



Les artistes : 

François Bellabas (1989), vit et travaille à Paris (France)

Marie Bovo (1967), vit et travaille à Marseille (France)

Gaëlle Choisne (1985), vit et travaille à Paris et Fougères (France)

Sybil Coovi Handemagnon (1988), vit et travaille à Villentrois (France)

Michel Slomka (1986), vit et travaille à Paris (France)

Stéphanie Solinas (1978), vit et travaille à Paris (France)

Marie Sommer (1984), vit et travaille à Paris (France) et Montréal (Canada)

 

Visuel : Stéphanie Solinas - Une sorte de bordel - Twelve West Coast Stations I (détail), 2026
FNAC 2026-0080, Collection du Centre national des arts plastiques
© Cnap / Adagp, Paris, 2026
Crédit photo : Stéphanie Solinas

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