Hors les murs - Expositions
07 Février - 18 Avril 2026
Pour sa première exposition monographique en Île-de-France, Antoine Bertron investit l’espace d’exposition des Passerelles, Scène de Paris – Vallée de la Marne en partenariat avec le CPIF. Sa pratique de la photographie, nourrie des notions d’échanges et de transmission, s’inscrit dans une volonté performative de favoriser le lien social.
Ainsi, la série Junk Playground, menée depuis 2021 en Île-de-France et dans les Pays de la Loire, documente la réapparition des terrains d’aventure en France depuis une dizaine d’années, après leur disparition dans les années 1990. Ces espaces en plein air, que les enfants peuvent s’approprier grâce à la mise à disposition de matériaux et d’outils, sont des lieux pédagogiques d’éveil créatif et technique : construction de cabanes, peinture, cuisine... Les photographies de style documentaire, précisément composées, donnent à voir une pratique du jeu et du loisir ancrée dans le réemploi. Ce réemploi est mis en évidence jusque dans l’espace d’exposition : les matériaux, notamment des palettes de bois, sont utilisés comme matière première des cadres et des cimaises, l’exposition devenant elle-même un prolongement de ces terrains en partage.
Lors de ses interventions sur les terrains d’aventure, Antoine Bertron propose le troc des portraits argentiques réalisés sur place contre des objets fabriqués par les enfants, qu’il associe ensuite aux photographies pour imaginer des œuvres à dimension collaborative. Il met également des appareils photographiques à disposition des usagèr·es, qui peuvent s’en saisir librement et apprendre à les manipuler. En donnant ainsi une place à la pratique de la photographie au sein des terrains d’aventure, au côté d’autres pratiques créatives, l’artiste affirme l’importance de l’éducation à l’image et de l’éveil à l’observation, à la sensibilité artistique par la pratique de l’appareil photographique.
Cette dimension d’échange est également à l’œuvre dans le projet Cartophote, mené en 2024 et 2025 en Seine-et-Marne. L’artiste a sillonné la Seine-et-Marne à vélo et proposé aux habitant·es de réaliser leur portrait en noir et blanc. Sa caméra-laboratoire, dispositif qui mêle système de prise de vue, laboratoire de développement et tirage argentique, lui permet de tirer les épreuves photographiques sur place et d’engager ainsi une discussion autour du processus de fabrication de l’image. Il est ensuite proposé aux participant·es d’envoyer gratuitement par voie postale leur image à leurs proches, accompagnée d’une lettre manuscrite. L’artiste garde trace de ces multiples liens suscités grâce à une copie des diptyques texte/images, présents dans l’exposition comme des œuvres collectives. Il mobilise ici à la fois l’imaginaire de la carte postale et de la photographie ambulante pour créer des dynamiques de discussion et de transmission. Antoine Bertron place l’expérience de la relation sociale au centre de l’œuvre, et imagine des formes plastiques qui rendent compte de ces instants de rencontre singuliers. Cette démarche originale pourrait s’inscrire dans le sillage de celles qui furent qualifiées, dans les années 90, d’art relationnel.
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Antoine Bertron est un jeune photographe français. Après avoir obtenu un BTS en photographie et suivi une formation à l’ENS Louis Lumière, il oriente aujourd’hui sa pratique vers une approche documentaire, centrée sur l’échange et la rencontre.
Il développe des projets photographiques explorant les notions d’auto-construction, de lenteur et d’interaction sociale. Il fabrique lui-même des appareils analogiques à partir de matériaux de récupération et d’objets détournés. Il s’intéresse particulièrement à la caméra-laboratoire, un dispositif combinant prise de vue et développement argentique noir et blanc. S’inscrivant dans la tradition des photographes ambulants, Antoine Bertron souhaite perpétuer l’héritage de ces artisan·es de la caméra-laboratoire. Itinérant, il propose de réaliser des portraits des passant·es et acteur·rices de l’espace public contre rétribution. Le portrait devient à la fois le témoin et le vecteur de la rencontre entre le photographe et le ou la modèle. Il explore ainsi des alternatives à la consommation habituelle des images, en s’intéressant à d’autres modèles économiques tels que le troc, et à de nouvelles matérialités et modalités de diffusion.
Son travail s’intéresse également aux interactions entre l’humain et le non-humain dans la transformation de notre environnement. Il documente notamment les mutations et les évolutions des formes architecturales qui structurent les espaces. Sensible aux dispositifs de monstration, il combine plusieurs techniques (photographie, 3D, son) et matériaux pour créer des installations hybrides
Autour de l'exposition
• Rencontre presse
Samedi 7 février à 16h
En présence de l’artiste
Contact :
01 70 05 49 81
nathan.magdelain@cpif.net
• Vernissage
Samedi 7 février à 18h30
En présence de l’artiste
Navette gratuite au départ de Paris, place de la Bastille, sur réservation
Informations pratiques
Entrée libre
Les Passerelles
Scène de Paris - Vallée de la Marne
17, rue Saint-Clair
77340 Pontault-Combault
Horaires d'ouverture :
Mardi et jeudi de 16h à 18h
Mercredi et samedi de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h
Vendredi de 16h à 19h
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Crédit visuel : Portrait de Mathis, terrain d’aventure de Trélazé, août 2025, Antoine Bertron.