Daphné Le Sergent

24 Mars - 18 Juillet 2021

Daphné Le Sergent

Silver memories, le désir des choses rares

[L'exposition de Daphné Le Sergent est en place jusqu'au 18 juillet 2021.
Le contexte ne nous a pas permis d'organiser un vernissage.

Dans l'attente impatiente de pouvoir vous accueillir nombreux·se·s et de célébrer chaleureusement son ouverture tou·te·s ensemble - dès que les restrictions d'accès aux lieux culturels seront levées -, nous sommes heureux·se·s de contribuer au soutien à la création et à sa visibilité en accueillant les professionnel·le·s de l'art et de la culture. 

Nous invitons donc les professionnel·le·s* à venir découvrir cette proposition inédite de Daphné Le Sergent, dans le respect des règles sanitaires en vigueur, du mercredi au samedi de 13h à 17h30, sur réservation obligatoire :
Les visites en autonomie
Les visites commentées du mercredi 

*Professionnel·le·s de la culture, de l'éducation et du champ social, élu·e·s et responsables d'associations, étudiant·e·s en art et histoire de l'art]

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Daphné Le Sergent, Silver memories, le désir des choses rares 


Essentiel à la photographie argentique, le minerai d’argent pourrait bientôt être épuisé.
À partir de cette hypothèse, à travers une pratique artistique hybride faisant dialoguer photographie, dessin, vidéo et installation, Daphné Le Sergent évoque et construit des récits ayant tout autant trait à l’histoire de la photographie qu’à l’exploration des Amériques et des données (data mining *). 

De la colonisation des terres mexicaines dès le début du XVIe siècle à l’extraction minière contemporaine, ce sont alors autant de rencontres avec l’altérité qui sont évoquées, explorant la relativité de notre horizon culturel, un horizon ouvert par le « désir des choses rares ».

Confronté à cette tension dialectique, le visiteur est invité à s’engager dans un mouvement de recherche de l’image, un cheminement à la fois physique et mental faisant écho aussi bien à la course vers l’argent qu’à la construction du regard. 

Polysémiques, les pièces exposées ne sont pas sans soulever des questions animant le débat sur le développement civilisationnel reposant sur la surexploitation des ressources naturelles. Il s’en dégage un modèle culturel « extractiviste » réaffirmé de nos jours par la ruée vers les données, avec une activité « minière » menée grâce aux algorithmes. 

Daphné Le Sergent propose alors un corpus qui, fruit de multiples déplacements, suggère des associations inédites d’époques, de lieux et de pratiques d’apparence éloignés tissant une trame dont le visiteur est appelé à déceler les nombreuses pistes.
 
Cette exposition, qui associe pièces nouvelles et récentes, représente l’aboutissement d’une recherche développée entre 2018 et 2021 au fil de trois résidences au CARMA, centre d’art et de recherche guyanais, et dont les prémices ont été montrées à l’Atelier Hermès de Seoul, Corée du Sud, en 2019.

Dans le cadre de la 8e édition du Mois de la photographie européenne, un autre volet de Silver Memories, est actuellement visible au Casino Luxembourg jusqu’au 6 juin 2021.
 

* " Le data mining ou la fouille de données regroupe l'ensemble des techniques capables d'extraire de la connaissance à partir des données pour aider à la décision [...] Apparue en 1989 lors du premier Workshop Knowledge Discovery in Databases, l'expression renvoie directement à la « recherche minière » : il s'agit de retrouver une pépite (de l'information) dans un gigantesque « gisement » de données [...]. Les outils de data mining s'inscrivent dans la tradition de l'analyse statistique puis de l'intelligence artificielle [...]. "

Extrait de METAIS Elisabeth, « SYSTÈMES INFORMATIQUES - Systèmes d'aide à la décision », Encyclopædia Universalis


Daphné Le Sergent, née en Corée du Sud et travaillant en France, mène des recherches autour des notions de schize et de frontière. C’est au travers de divers agencements (polyptyques photo ou vidéo) ou de la mise en tension de différentes zones dans l’image (photographie-dessin) que son travail créé une dissociation dans la perception directe pour rendre compte de la présence d’une scission, d’une fêlure, dans l’espace intime du regard.  
Après avoir exposé le projet Géopolitique de l’oubli en 2018 au Jeu de Paume à Paris, au CAPC à Bordeaux et au musée Amparo à Puebla (Mexique), elle présente le projet Silver memories : how to reach the origin à l’Atelier Hermès de Séoul, Corée du Sud, en 2019. Daphné Le Sergent est maître de conférences à l’Université Paris 8 et membre de l’AICA.  



Remerciements

Soutenu par la Fondation Hermès, ce projet a également été nourri par plusieurs résidences artistiques, dont trois au CARMA, Centre d’art et de recherche de Mana (Guyane), et une au sein de l’entreprise SIAL (label RJC, exploitant alluvionnaire artisanal de Guyane) en partenariat avec le CARMA et avec le soutien de la Direction de la Culture - Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports des Services de l’État en Guyane (dispositif « Résidence d’artiste en entreprise »). Les tirages présentés ont été réalisés par lAtelier Boba (Paris) suite à des recherches techniques spécifiquement conduites en vue de la présente exposition.

Daphné Le Sergent et le Centre Photographique d’Île-de-France souhaitent exprimer leur gratitude pour le soutien accordé au projet par les partenaires mentionnés ainsi que par Film Washi, Stéphane Cormier - Atelier de tirages argentiques, le Conservatoire du littoral / Parc naturel régional de la Guyane et le Fonds A. Heuret. 




Sont également remerciés pour leur précieuse aide : le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac, la Collectivité territoriale de Guyane et le Musée des cultures Guyanaises.



Visuel : Daphné Le Sergent, Codex de 2031, détail, tirage jet d'encre pigmentaire et gouache, 2019

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